L’étrange luminosité florale de Pesot

 

Lire l’article de Sonia Bolduc dans La tribune

La prochaine saison s’annonce lumineuse au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, sur scène comme en galerie. Même le hall n’y échappera pas. Sébastien Pesot y a veillé, en proposant une déconstruction plus grande que nature de l’un des éléments les plus communs du monde végétal. On se contentera de vous dire que c’est une fleur, pour vous laisser tout le plaisir de la recherche et de la découverte.

L’artiste sherbrookois a baptisé sa pièce Mal floral 1,2 avant de l’installer pour l’éternité sur un panneau lumineux qui vient surplomber le nouveau hall d’entrée du Centre culturel, dans toute sa splendeur d’oeuvre publique issue de la Politique d’intégration des arts à l’architecture.
« Il y avait quand même quelques contraintes à prendre en considération, dont l’espace dans lequel la pièce allait vivre et le fait, aussi, que les gens ne viennent pas nécessairement pour la voir, mais bien pour la regarder du coin de l’oeil en passant un moment ici. J’ai donc décidé d’y aller pour la simplicité», admet Sébastien Pesot, qui a de nouveau travaillé à partir de la photocopie numérique et de l’infographie pour jeter un regard nouveau et macro sur la nature environnante.
« La nature, ça ne fait pas partie de mes sujets de prédilection. Mais à force d’y vivre pendant quelques années, j’ai fini par m’y intéresser et par avoir envie de la montrer différemment », remarque, en souriant, le punk assagi, mais encore pleinement assumé.
Pesot, vidéaste en art actuel qui s’est lentement converti vers l’arrêt sur image à sa façon, s’attend à ce qu’un visuel qui n’est pas appelé à se transformer dans le temps vienne à tout le moins capter instantanément l’attention.
Clin d’oeil à baudelaire
Avec Mal floral, Pesot s’est offert un petit clin d’oeil à Baudelaire, mais a surtout osé mettre les pieds dans la nature souvent boudée par les artistes actuels pour la punker en la sortant de son environnement. Chaque fleur y prend des airs un brin cosmiques, plus encore lorsqu’intégrée à un panneau lumineux, comme c’est le cas dans le hall du Centre culturel.
« Je suis tellement contente du résultat ! » lance d’emblée Suzanne Pressé, coordonnatrice des expositions et de l’animation à la Galerie d’art du Centre culturel. « C’est l’oeuvre parfaite pour l’espace et ses contraintes, elle s’intègre magnifiquement. »
L’oeuvre publique Mal floral 1,2 sera officiellement inaugurée aujourd’hui mercredi en formule 5 à 7.

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